La Dépression : Comment agissent les médicaments antidépresseurs sur le cerveau ?


La dépression est aussi une maladie biologique

Contrairement à ce qu'on entend parfois, la dépression n'est pas seulement une maladie psychologique. Même s'il n'existe pas d'examen de laboratoire simple pour dépister ou mesurer un état dépressif (du moins pour l'instant), des perturbations cérébrales peuvent être retrouvées par les spécialistes de la biochimie cérébrale chez les personnes déprimées.

Neurones et synapses

Notre cerveau est constitué de milliards de cellules très spécialisées, les neurones (elles sont 100 milliards à la naissance). Les neurones communiquent entre eux par l'intermédiaire de zones de "contact" ou de "connexion", appelées synapses. Chaque synapse reçoit ainsi les prolongements d'un ou de plusieurs neurones. A l'intérieur des synapses circulent les informations que les neurones s'envoient les uns aux autres. Ces messages sont véhiculés par des molécules chimiques : les neurotransmetteurs.

Neurones et synapses

Les neurotransmetteurs

Il existe un grand nombre de neurotransmetteurs (une quarantaine est actuellement identifiée), chacun étant plus ou moins spécialisé dans un domaine précis. Pour ce qui est de notre "moral", deux d'entre eux jouent un rôle très important : la noradrénaline, et surtout la sérotonine. Pour simplifier, si les taux de sérotonine et/ou de noradrénaline sont trop bas dans les synapses, le sujet aura tendance à être déprimé. D'autres neurotransmetteurs sont également impliqués de façon plus ou moins importante dans la dépression, citons l'acétylcholine, le GABA, la dopamine...

Qu'est-ce qu'un antidépresseur ?

L'antidépresseur est un médicament qui va agir sur certaines régions de votre cerveau, en tentant de rétablir un taux adéquat de neurotransmetteurs dans les synapses.

L'antidépresseur relance en quelque sorte l'activité cérébrale. Après un temps de traitement suffisant, il peut être arrêté sans problème en respectant les modalités d'arrêt de traitement. Certains médecins comparent l'antidépresseur à la béquille ou au plâtre, nécessaires pendant quelque temps à quelqu'un qui s'est fracturé la jambe.

Cinq grandes familles

Pour comprendre le mécanisme d'action des antidépresseurs, il faut savoir que les neurotransmetteurs qui n'ont pas été utilisés dans la synapse sont soit recapturés (récupérés) par le neurone qui les avait libérés, soit détruits à l'intérieur de la synapse par une enzyme.

Si une substance empêche la recapture du neurotransmetteur, une plus grande quantité de ce dernier va donc rester dans la synapse.

De même, si une substance empêche la destruction des neurotransmetteurs dans la synapse, elle va augmenter la concentration de neurotransmetteurs dans la synapse.

D'où les principaux mécanismes d'action des antidépresseurs : certains agissent en empêchant la recapture des neurotransmetteurs, d'autres en s'opposant à leur destruction.

On distingue actuellement 5 grandes familles d'antidépresseurs.

Les imipraminiques inhibent la recapture de plusieurs neurotransmetteurs (noradrénaline, sérotonine, dopamine).

Les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS) agissent, comme leur nom l'indique, en inhibant uniquement la recapture de la sérotonine présente dans la synapse.

Les inhibiteurs de recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRS-NA) agissent en inhibant la recapture de la sérotonine et la noradrénaline.

Les inhibiteurs de la monoamino-oxydase (IMAO) empêchent l'action de deux enzymes la mono-amino-oxydase de type A (MAO A) et la mono-amino-oxydase de type B (MAO B) présentes dans la synapse et qui détruisent les neurotransmetteurs. Les premiers IMAO mis au point bloquaient aussi bien la MAO-A que la MAO-B (source de nombreux effets gênants). Les plus récents sont sélectifs de la MAO-A qui dégrade surtout la sérotonine et la noradrénaline.

Les "autres antidépresseurs" . Les antidépresseurs appartenant à cette famille n'ont pas de mécanismes d'action communs mais agissent aussi sur les synapses et/ou les neurones pour augmenter le niveau de certains neurotransmetteurs impliqués dans la dépression.

Les imipraminiques sont les premiers antidépresseurs qui ont été développés. Les ISRS, les IRS-NA et les "autres antidépresseurs" ont été mis au point plus récemment. Les ISRS sont les antidépresseurs les plus prescrits.

Les recherches se poursuivent

L'efficacité des médicaments antidépresseurs dans le traitement de la dépression ne fait aucun doute. Il n'en reste pas moins que de nombreuses questions restent encore sans réponse concernant leur mécanisme d'action exacte. En particulier, il se pourrait que ces produits agissent aussi sur la survie et la croissance neuronale ainsi que sur la formation de nouveaux neurones (neurogenèse) dans certaines zones du cerveau.

 


Comment se traite la dépression :

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Le contenu de la rubrique Dépression est extrait du carnet de suivi «Ce que je dois savoir sur la dépression» et «Je vais mieux» rédigé grâce à la collaboration de :
Docteur Christophe André, Docteur Myriam Bouhassira, Béatrice Cazeneuve (pharmacien), Docteur Isabelle Gasquet, Docteur Elisabeth Giraud-Baro, Docteur Patrick Légeron, Docteur François Letord, Docteur François Orvoën, Docteur Elena Perrin, Docteur Vincent Ravily, Professeur Frédéric Rouillon.
Vaincre la dépression, Programme arc-en-ciel

Les informations fournies sont destinées à améliorer, non à remplacer, la relation qui existe entre le patient et son médecin.
Lilly France - Dernière mise à jour : 10 septembre 2008