Chez la femme ménopausée, il est recommandé de réaliser une ostéodensitométrie devant2 :
- la découverte radiologique d'une fracture vertébrale sans caractère traumatique ni tumoral évident,
- un antécédent personnel de fracture périphérique survenue sans traumatisme majeur (sont exclues de ce cadre les fractures du crâne, des orteils, des doigts et du rachis cervical),
- des antécédents documentés de pathologies potentiellement inductrices d'ostéoporose en particulier : hypogonadisme prolongé, hyperthyroïdie évolutive non traitée, hypercorticisme et hyperparathyroïdie primitive.
La réalisation d'une ostéodensitométrie peut être proposée chez la femme ménopausée, en présence d'un ou de plusieurs des facteurs de risque suivants2 :
- des antécédents de fracture vertébrale ou du col fémoral sans traumatisme majeur chez un parent au 1er degré,
- un indice de masse corporel < 19 kg/m2
- ménopause avant 40 ans quelle qu'en soit la cause ou ménopause iatrogénique,
- antécédent de corticothérapie prolongée (> 3 mois) à la dose de corticoïde équivalent prednisone à 7,5 mg par jour.
Il n'est pas recommandé de réaliser une ostéodensitométrie chez une femme ménopausée chez laquelle le traitement hormonal substitutif (THM) est indiqué, prescrit à dose efficace (pour assurer une prévention de l'ostéoporose) et est bien suivi.
Lorsque le résultat de l'ostéodensitométrie est normal et qu'aucun traitement n'est institué, une deuxième ostéodensitométrie peut être proposée 2 à 5 ans après la réalisation de la première et ce, en fonction de l'ancienneté de la ménopause, du résultat de la première mesure et de la persistance ou de l'apparition de facteurs de risque.2
La technique de référence pour la mesure de la densité osseuse est l'absorptiométrie biphotonique1 à rayons X. Les deux sites mesurés sont le rachis et la hanche.1 ; 2
Mesure du rachis
Mesure de la hanche
Le résultat est appelé densité minérale osseuse (DMO)1. C'est en réalité une masse surfacique exprimée en grammes de minéral osseux par cm2 (g/ cm2). L'interprétation du résultat passe par le calcul du T-score : nombre d'écarts-types entre la valeur du patient et la valeur moyenne de l'adulte jeune (20 ans) de même sexe au même site osseux. Ce score est indépendant de l'âge.
Un groupe d'experts réunis par l'OMS a proposé une définition densitométrique de l'ostéoporose reposant sur le T-score.
T > -1 |
Os Normal |
-2,5 < T ≤ -1 |
Ostéopénie |
T ≤ -2,5 |
Ostéoporose |
T ≤ -2,5 et fractures |
Ostéoporose sévère |
Lorsque l'examen densitométrique révèle une DMO basse, alors un interrogatoire, un examen clinique et des explorations/examens complémentaires devront être réalisées pour confirmer le diagnostic d'ostéoporose.
2. Traitement médicamenteux de l'ostéoporose post-ménopausique. Argumentaire. AFSSAPS. Actualisation 2006.
3. Fontana A., Delma P.D., L'ostéoporose : épidémiologie, clinique et approches thérapeutiques. Médecines/sciences 2001 ;17 : 1297-305.
4. Riggs B.L, Metlon L.J III : Involutionnal osteoporosis. NEJM 1986; 314 (26) : 1676-86.
5. Roy D. K et al. Determinants of incident vertebral fracture in men and women: results from the European Prospective Osteoporosis Study (EPOS) Osteoporos Int. 2003; 14:19-26.
6. http://www.grio.org/osteoporose-100-questions-reponses-15-1-20.php
