Origine et facteurs de risque

Origines

Une dépression peut survenir à tous les âges de la vie et dans des circonstances très diverses d’une personne à une autre. On considère schématiquement deux aspects dans une dépression : psychologique et biologique.

La composante psychologique repose sur l’environnement dans lequel la personne a évolué et celui dans lequel la personne évolue actuellement. L’enfance, l’éducation, les traumatismes, les succès et les échecs de notre histoire peuvent modifier notre rapport aux autres et la capacité de s’adapter à certaines situations. Ainsi le besoin de réassurance, la peur d’être abandonné peuvent être plus ou moins prononcés d’une personne à l’autre. L’environnement dans lequel nous vivons s’il est stable ou instable, conflictuel ou non, stressant ou non peut nous protéger ou nous fragiliser face à un « coup dur ».

La composante biologique correspond aux modifications du fonctionnement du cerveau. Les cellules du cerveau (neurones) communiquent entre elles grâce aux neuromédiateurs. Lorsque la chimie cérébrale se dérègle dans certaines régions cérébrales les émotions, la joie, la tristesse, le plaisir ou la motivation sont perturbés. Trois neuromédiateurs sont particulièrement importants pour l’équilibre psychique : la sérotonine, la noradrénaline et la dopamine. On considère que les concentrations cérébrales de ces neuromédiateurs sont trop basses lors d’une dépression. L’efficacité de la grande majorité des traitements antidépresseurs s’explique en partie par leur action sur l’augmentation des taux d’un ou de plusieurs de ces neuromédiateurs au niveau du cerveau. Des données récentes d’imagerie réalisée sur le cerveau , de neurophysiologie et de biologie cellulaire et moléculaire ont permis de décrire d’autres phénomènes que la diminution des neuromédiateurs (substances chimiques libérées par les neurones) notamment une altération de la plasticité cérébrale, c'est-à-dire une diminution de la capacité du cerveau, à s’adapter au fil du temps [1]. Ces altérations biologiques pourraient expliquer en partie pourquoi la vulnérabilité à la dépression et le risque de rechute augmentent lorsque la prise en charge d’un épisode a été insuffisante.

Les aspects biologiques et psychologiques sont intimement liés. La biologie est sans cesse modulée par la psychologie et réciproquement. Ce constat permet de comprendre d’une part les facteurs de risque de dépression et d’autre part pourquoi l’association d’un traitement médicamenteux (composante biologique) et d’une psychothérapie (composante psychologique) est souvent proposée pour traiter une dépression.

Facteurs de risque de dépression

L’environnement a un rôle important dans l’apparition d’une dépression. Certaines situations sont particulièrement à risque notamment :

  • ­Les séparations, divorce, veuvage et le célibat
  • ­L’inactivité, le chômage et les difficultés financières
  • ­L’état de santé physique : toutes les maladies chroniques invalidantes et/ou douloureuses

La biologie et l’hérédité

  • ­Les femmes ont entre 1,5 et 2 fois plus de risques de vivre un épisode dépressif que les hommes.
  • ­Les antécédents personnels et familiaux de dépression. On estime que le risque de faire de nouveau une dépression dans sa vie après avoir fait un premier épisode est de l’ordre de 50%. Ce risque diminue avec une prise en charge adaptée.
  • ­La consommation d’alcool et de drogues.