Traitements non médicamenteux

de l’ostéoporose

Les facteurs environnementaux jouent un rôle non négligeable dans la prévention de l’ostéoporose 1.

Les règles hygiéno-diététiques de l’ostéoporose (apports vitamino-calciques suffisants, activité physique, arrêt du tabac et consommation d’alcool limité …) doivent être appliquées dès le début de la prise en charge et poursuivies même après l’arrêt du traitement médicamenteux2.

1) Apports vitamino-calciques3

L’os est un organe vivant, il a besoin de certains apports essentiels tels que le calcium et la vitamine D.

  • L’os constitue le réservoir principal de calcium de l’organisme ; en cas de déficit calcique, le maintien de la calcémie se fait aux dépens du calcium présent dans l’os.
  • La vitamine D est nécessaire pour l’absorption intestinale du calcium et la fixation du calcium dans le tissu osseux.

Un apport suffisant en calcium de préférence alimentaire et en vitamine D fait partie des règles hygiéno-diététiques visant à préserver le capital osseux.

Le calcium

Prévenir la survenue de fractures par une supplémentation calcique seule n’est pas démontrée. Par contre un apport suffisant est recommandé. Lorsque les apports alimentaires en calcium sont insuffisants, la prescription de calcium peut-être préconisée.4,5


Les besoins journaliers en calcium, recommandés chez les personnes de plus de 50 ans, sont de 1,2g/jour4


Les aliments conseillés 

Le lait et les produits laitiers sont les aliments les plus riches en calcium, sous une forme particulièrement bien assimilable. En pratique, il est conseillé de consommer un produit laitier à chaque repas ou 3 à 4 produits laitiers par jour 4,6

Pour bénéficier de toutes leurs qualités, il est conseillé de favoriser les produits laitiers tels que du lait, fromage, yaourt, fromage blanc… 6


Les eaux minérales constituent une autre source d’apport calcique non négligeable, pouvant aller: 

  • De 10 mg à près de 600 mg de calcium par litre d’eau vendu dans le commerce 
  • De 50 à 100 mg pour l’eau du robinet (variable selon les régions)

Il est conseillé d’opter pour des eaux minérales présentant plus de 150mg de calcium/ litre6


Que faire en cas d’apports insuffisants? 

La supplémentation calcique médicamenteuse doit être déterminée par votre médecin en fonction des apports calciques alimentaire. Elle est notamment utilisée en cas d’intolérance aux produits laitiers ou de syndrome de malabsorption.

En plus du calcium, il faut veiller à consommer une quantité suffisante de vitamine D, phosphore et magnésium. Ces éléments permettent l’absorption du calcium et sa fixation dans les os.

La Vitamine D

Pourquoi la Vitamine D est-elle importante ?

- Ses effets sur l’os : La vitamine D favorise l’absorption intestinale du calcium et la fixation du calcium dans les os. Ces deux mécanismes participent à la réduction du risque de fracture 2.

- Ses effets sur le muscle : La baisse des performances musculaires, l'altération de l'équilibre et l'augmentation du risque de chute sont associées à un déficit en vitamine D 7,8.

Où peut-on trouver la Vitamine D ?

90% de la vitamine D est fabriquée par la peau sous l’effet de l’exposition au soleil (certains UVB)
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) recommande 30 minutes environ d’exposition quotidienne du visage et des bras au soleil (en prenant soin d’éviter les coups de soleil) pour garantir une synthèse adéquate de vitamine D 10.
Elle est difficile à trouver dans l’alimentation, excepté dans les poissons gras 2.

En cas de carence en Vitamine D

La majorité des personnes de plus de 65 ans est carencée en vitamine D7. Une carence en vitamine D peut augmenter la perte osseuse et le risque de chute augmentant ainsi le risque d’ostéoporose et de fractures 9.

Est-il nécessaire de prendre des suppléments de Vitamine D ?

En cas de carence en vitamine D, une supplémentation médicamenteuse adaptée au long cours, en complément d’une alimentation riche en calcium pourra être nécessaire 4. Cette supplémentation tout au long du traitement a un effet bénéfique sur le traitement anti-ostéoporotique, car elle le rend plus efficace7.

N’hésitez pas à consulter la brochure «bonnes habitudes pour lutter contre l’ostéoporose» pour plus d’informations.

2) Activité physique

Pratiquer un exercice régulier permet :

  • un ralentissement de la perte osseuse,
  • une diminution du risque de chute 11 et donc de fracture par augmentation de la musculature,
    amélioration de la coordination et de l’équilibre.

Quelles activités pratiquer ?

Pour les personnes ostéoporotiques, on peut conseiller :

  • la marche avec chaussage adapté
  • la gymnastique d’entretien
  • les danses de salon
  • faire ses courses avec port de charges raisonnables…

La quantité d’exercice recommandée peut être de 1 heure, 3 fois par semaine ou ½ heure
par jour.

Une bonne musculature du dos est corrélée avec une diminution du risque de fracture vertébrales et de déformation de la colonne vertébrale>12.

N’hésitez pas à consulter la brochure «bonnes habitudes pour lutter contre l’ostéoporose» pour plus d’informations et disposer d’un programme de gymnastique adapté.
 

3) Arrêt du tabac et consommation d’alcool limitée 5

Le tabac est maintenant clairement identifié comme facteur de risque d’ostéoporose. Son arrêt est donc primordial

Une consommation d’alcool supérieure à 2 unités d’alcool (1 unité = un demi de bière, un ballon de vin, une dose de spiritueux) par jour augmente le risque de fracture. Sa consommation doit être limitée (2 verres de vin/jour).

4) Prévention des chutes

Chuter est la première cause de fractures chez les personnes âgées.
Environ 40% des personnes de plus de 65 ans font une chute chaque année
12.

Que faire pour éviter de tomber ? 13

  • Gardez la forme en ayant une activité physique régulière : marche, gymnastique… 
  • Faites surveiller vos yeux régulièrement : une baisse de la vue ou la cataracte peut vous faire rater une marche… 
  • Quand cela est possible et avec l’accord de votre médecin, évitez les médicaments qui altèrent la vigilance comme les somnifères ou certains médicaments qui calment les douleurs. Si vous prenez des diurétiques, prenez- les de préférence le matin pour ne pas avoir à vous lever la nuit. 
  • Portez des chaussures maintenant bien le pied et avec des semelles antidérapantes. Evitez de vous lever brusquement de votre lit, surtout si vous prenez un traitement pour la tension. Si vous avez des vertiges en changeant de position, prévenez votre médecin. 
  • Chez vous, supprimez tout ce qui peut faire tomber, installez un bon éclairage. Installez un revêtement de sol antidérapant dans la salle de bain, évitez les tapis, et supprimez les fils électriques qui traversent les pièces

 

Sources
1. BODY J. J. et al. Non-pharmacological management of osteoporosis: a consensus of the Belgian Bone Club. Osteoporos Int. 2011 November; 22(11): 2769–2788
2. HAS (Haute autorité de Santé). Les médicaments de l’ostéoporose. Juin 2014.
3. GRIO (Groupe de Recherche et d’Informations sur les Ostéoporoses). Ostéoporoses. 2ème édition 2005. Doin editeurs
4. BRIOT K. et al. Actualisation 2012 des recommandations françaises du traitement médicamenteux de l’ostéoporose post-ménopausique . Joint Bone Spine. 2012; 79:304-13.
5. BREUIL V. Précautions à prendre avant de commencer un traitement de l’ostéoporose. Rev Prat. Fév 2012
6. INPES – Livret d’accompagnement destiné aux  professionnels de santé disponible sur le  site http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/959.pdf consulté le 06/06/2014
7. BENHAMOU CL. et al. La vitamine D chez l’adulte : recommandations du GRIO. Presse Med. 2011;40: 673-682.
8. SOUBERBIELLE JC. et al. Actualités sur les effets de la vitamine D et l’évaluation du statut vitaminique D. Annales d’endocrinologie. 2008;69:501-10
9. HOLICK M.F. Vitamin D deficiency. N Engl J Med. 2007;357:266-81.
10.OMS. Organisation Mondiale de la Santé. Vitamin and Mineral Requirements in Human Nutrition, 2nd Edition. Genève, Suisse.  2004
11. CLEMSON L. et al. Integration of balance and strength training into daily life activity to reduce rate of falls in older people (the LiFE study): randomised parallel trial. BMJ. 2012;345:4547.47
12. PFEIFER M. et al. Musculoskeletal Rehabilitation in Osteoporosis: A Review. J Bone Miner Res. 2004 Aug;19(8):1208-14.
13. GRIO (Groupe de Recherche et d’Informations sur les Ostéoporoses). L’ostéoporose en 100 questions. Edition 2003.