Qu'est-ce que la polyarthrite rhumatoide ?

Définition de la polyarthrite rhumatoïde:

La polyarthrite rhumatoïde (souvent abrégée « PR ») est une maladie inflammatoire et chronique qui touche plusieurs articulations. (1)  Elle se manifeste par des poussées de durée variable et des périodes d'accalmie. Sans traitement, la maladie atteint progressivement de nouvelles articulations et entraîne la déformation ou la destruction progressive des articulations touchées. (2,3)
 
En France, la PR touche près de 0,5 % de la population. Elle atteint principalement les femmes (trois femmes pour un homme) et apparaît le plus souvent entre 40 et 60 ans. La maladie peut toutefois apparaître avant 30 ans, mais très rarement dans l'enfance. (2)

Les arthrites qui concernent l’enfant et qui n’ont pas de cause reconnue sont regroupées sous le terme d’ « arthrite juvénile idiopathique ». (4). Après 60 ans, d’autres rhumatismes inflammatoires, comme la pseudo-polyarthrite rhizomélique, peuvent apparaître et ressembler à une PR. (5)

 

D’où vient le nom « polyarthrite rhumatoïde » ?

La dénomination « polyarthrite rhumatoïde » provient de deux termes :

- polyarthrite : avec « poly- » qui signifie « plusieurs » et « arthrite » qui évoque l’inflammation d’une articulation.

- rhumatoïde : terme qui fait référence aux « facteurs rhumatoïdes », substances produites par l’organisme et présentes chez 70% des personnes souffrant de PR depuis plus de 2 ans. (3) Lorsque l’on souffre de PR mais que les facteurs rhumatoïdes sont absents, on parle de polyarthrite rhumatoïde « séronégative ». (5) Si ces facteurs sont présents alors on parle de PR « séropositive ».

 

Quelles sont les causes de la polyarthrite rhumatoïde?

La polyarthrite rhumatoïde est liée à un dérèglement du système immunitaire. C’est une maladie auto-immune, c’est-à- dire une maladie où l’organisme produit des auto-anticorps dirigés contre ses propres cellules. (3)
 
Dans le cas de la PR, les auto-anticorps sont dirigés contre les cellules de la membrane synoviale située au niveau des articulations. (2)

Plusieurs facteurs pourraient expliquer le dérèglement du système immunitaire à l’origine de l’apparition de la PR :

∎ Les facteurs environnementaux :

Ils peuvent influencer la survenue de la maladie. Parmi ces facteurs, le tabac semble jouer un rôle très important dans le déclenchement de la Polyarthrite Rhumatoïde et dans la réponse au traitement (les patients fumeurs répondraient moins bien au traitement). (3)

∎ Les facteurs hormonaux :

Des facteurs hormonaux jouent un rôle dans les poussées de la maladie, en particulier, les œstrogènes, hormones sexuelles féminines. En effet, la PR prédomine chez la femme, elle survient le plus souvent au moment de la ménopause et il existe une rémission fréquente de la maladie pendant la grossesse avec une poussée de la PR possible au décours de l’accouchement. Ces constatations suggèrent que le taux d’œstrogènes serait à priori bas durant les phases de déclenchement ou de poussée de la maladie et élevé durant les phases de « rémission » de la maladie. Néanmoins, d’autres facteurs hormonaux peuvent intervenir, comme le montre la survenue de PR chez les hommes. (3)

∎ Les facteurs génétiques :

La Polyarthrite Rhumatoïde n’est pas une maladie héréditaire.
Même si de nombreux facteurs génétiques ont été retrouvés, leur influence sur la survenue de la maladie reste faible. Il existe une prédisposition génétique, c'est-à-dire un terrain génétique favorisant le déclenchement de la maladie, ce qui explique l’existence de familles où plusieurs personnes sont malades, mais ce n’est pas à proprement parler une maladie génétique. Les gènes ne représentent que 30 % du déterminisme de la maladie. Autrement dit, la prédisposition génétique n’expliquerait qu’un tiers des origines possibles de la maladie. Ce n’est pas parce qu’on est porteur des gènes qu’on a forcément la maladie et inversement on peut déclencher une maladie sans en être porteur. De ce fait, il n’existe pas de dépistage génétique de la maladie. Il est donc inutile de demander une recherche des gènes associés à la maladie, comme les gènes HLA DR1 et HLA DR4, chez les sujets atteints ni chez leurs enfants. (3)

∎ Les facteurs infectieux :

Des facteurs infectieux sont de plus en plus incriminés notamment certaines bactéries (Porphiromonas gingivalis) responsables d’infection dentaire chez des personnes ayant une hygiène dentaire ou des soins dentaires insuffisants. (3)

∎ Les facteurs psychologiques :

Des facteurs psychologiques sont parfois retrouvés. Dans 20 à 30 % des cas, on constate que la polyarthrite survient après un événement marquant, « stressant » tel qu’un traumatisme physique ou psychique (deuil, séparation, accouchement, intervention chirurgicale, etc.) (3)

 

Sources :
1. Haute Autorité de Santé. Guide affection longue durée. « La prise en charge de votre polyarthrite rhumatoïde », décembre 2008.
2. Site internet de l’Assurance Maladie. https://www.ameli.fr/assure/sante/themes/polyarthrite-rhumatoide/comprendre-polyarthrite-rhumatoide#text_3803
3. Site internet de la Société française de rhumatologie. http://public.larhumatologie.fr/grandes-maladies/polyarthrite-rhumatoide/comment-diagnostiquer et http://public.larhumatologie.fr/grandes-maladies/polyarthrite-rhumatoide/quelles-sont-les-causes-de-la-polyarthrite-rhumatoide
4. Site internet d’Orphanet. http://www.orpha.net/consor/cgi-bin/OC_Exp.php?Lng=FR&Expert=92
5. Association des Collèges des Enseignants d'Immunologie des Universités de Langue française. Item 121 : La polyarthrite rhumatoïde.
6. Site internet L’Autre Médecine: http://lautremedecine.be/accueil/soft%20laser/indications%20reconnues/arthrites.html