Facteurs de risque

La schizophrénie se déclare généralement entre 16 et 30 ans même si elle peut apparaître plus tardivement et touche environ 1% de la population mondiale, indépendamment de l'ethnie, de la culture et de la classe sociale 2.

Les facteurs de vulnérabilité génétique et environnementale

Les chercheurs ont mis en évidence des facteurs de vulnérabilité génétique et environnementale qui, sur le plan épidémiologique, semblent jouer un rôle important dans le développement de cette pathologie.
Ces deux éléments réunis pourraient en effet, favoriser la survenue de la maladie. Cette hypothèse globale dite de « stress-vulnérabilité » montre que le risque de développer une schizophrénie serait plus important sur un « terrain » montrant une fragilité neuropsychologique d'origine génétique complexe. Les études de génétique ont identifié plusieurs gènes impliqués dans la schizophrénie.3
Le risque de développer la maladie serait de 10% pour les frères et sœurs d'un patient souffrant de schizophrénie, contre 1% de la population générale. Et il serait de 50% pour un enfant dont les deux parents souffrent de la maladie.4
De plus, des facteurs psychosociaux et biologiques peuvent participer au développement de la schizophrénie.

Les facteurs psychosociaux

Ce sont des facteurs de risques non négligeables, classés en deux catégories :

  • Les facteurs sociodémographiques sont nombreux et complexes. Etre isolé socialement et économiquement, avoir un nombre très réduit d'expériences professionnelles, être récemment immigré et par conséquent brutalement coupé de sa culture d'origine, peuvent apparaître comme des facteurs favorisant l'éclosion de la maladie mais peuvent également avoir été des conséquences des prodromes de la maladie.
  • Les facteurs de communication montrent que le fait de vivre au sein d'une famille exprimant intensément ses émotions pourrait accroître selon certains auteurs le risque de schizophrénie. De même, la survenue d'évènements de vie stressants et un degré trop élevé d'exigences sociales pourraient y participer.
    Si les études épidémiologiques ne démontrent pas formellement la responsabilité réelle des facteurs psychosociaux, ces éléments semblent pourtant jouer un rôle effectif dans l'intensité de la maladie et par conséquent dans la qualité de vie du patient.

Les facteurs biologiques

Des agents infectieux, toxiques ou traumatiques ont été évoqués comme à l'origine de troubles schizophréniques, survenant de façon brutale chez l'adulte :

  • Les agents toxiques : la prise de drogues (amphétamines, cannabis, alcool...)3
    L'implication de ces facteurs biologiques pourrait favoriser la survenue de la maladie, mais le lien causal est discuté ; il pourrait s'agir davantage de facteurs révélateurs de la pathologie, chez des sujets prédisposés à développer l'affection.
  • Les agents traumatiques : quelques pathologies cérébrales reproduisent en partie certains des symptômes typiques de la schizophrénie.

Cette rubrique a pour but d'offrir à l'internaute des informations médicales de qualité. Néanmoins, les informations fournies sont destinées à améliorer, non à remplacer, la relation qui existe entre le patient et son médecin.

Sources
1. La schizophrénie débutante. Henri GRIVOIS. Luigi GROSSO. JohnLibbey Eurotext. Paris 1998.
2. Schizophrénie, Association Mondiale de la Schizophrénie et des maladies apparentées.
3. Schizophrénie débutantes : diagnostics et modalités thérapeutiques (23 et 24 janvier 2003, Paris) Information psychiatrique, vol 79 n°7, 605-10, sept 2003, conférence de consensus.
4. Gottesman et al : the epigenetic puzzle, Cambridge Université presse, 1982.